Programme 2010-2011: Gabriel Fauré

PROGRAMME 2010-2011: GABRIEL FAURÉ (1845-1924)

REQUIEM

Gabriel Fauré C’est en 1887 que Gabriel Fauré commença l’écriture de son Requiem, alors qu’il était organiste et maître de Chapelle de l’église de La Madeleine à Paris.

Son souhait était d’apporter à cette liturgie funèbre un esprit nouveau, occultant en partie la douleur et la crainte de la mort, et privilégiant la douceur du repos éternel dans la confiance de la résurrection. Modestement, Gabriel Fauré déclarait « ...Mon Requiem a été composé pour rien... pour le plaisir si j'ose dire... Peut-être ai-je ainsi d'instinct, cherché à sortir du convenu, voilà si longtemps que j'accompagne à l'orgue des services d'enterrement! J'en ai par dessus la tête. J'ai voulu faire autre chose. »

C’est ainsi qu’il supprima dans sa composition le terrifiant « Dies Irae », (juste évoqué dans le « Libera me ») mais ajouta en ré majeur son « in Paradisum » dont l’atmosphère évoque une délivrance heureuse.

Œuvre écrite en plusieurs fois, entre 1887 et 1899, il en existe trois versions, dont la dernière harmonisée pour grand orchestre. C’est la version dite de 1893 que la Chorale Prélude chantera dans sa saison 2010-2011.

Investie d’une fonction liturgique, la partition se compose de:

I - INTROÏT ET KYRIE

Si l’ouverture rappelle celle du Requiem de Brahms, on entre immédiatement dans la douceur du « repos » avec la nuance « piano » qui va bientôt s’opposer au « forte » du « luceat », répété en majeur, ouvrant ainsi la lumière.

II - OFFERTOIRE

G. Fauré se permet, dans le texte, de demander le repos pour TOUS les défunts, et pas seulement pour « omnium fidelium », et se réfère uniquement à la promesse d’Abraham. La forme rappelle un peu un canon, avec des voix en miroir, et une triple ascension polyphonique.

III - SANCTUS

C’est quasiment une vision du Paradis en chœurs décalés entre les voix hautes.

IV - PIE JESU

Cet air pour soprano solo remplace le Benedictus, et est écrit sur les deux derniers vers de la Séquence du « Dies Irae »

V - AGNUS DEI

Introduit par les ténors, repris par le chœur, l’écriture du « Lux aeterna » est particulièrement riche en modulations, faisant changer l’atmosphère jusqu’au largo final qui mène à la lumière.

VI - LIBERA ME

Motet qui, habituellement, suit la messe. C’est la seule partie qui évoque le Jugement Dernier.

Extrait: Op48, VI, Libera me, Dies Irae

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VII - IN PARADISUM

Texte qui, normalement, ne fait pas partie de la messe des morts, mais se chante pendant l’enterrement. Confié aux voix sopranes, sur un accompagnement d’un motif obstiné montant et descendant, le climat est réellement angélique et confiant dans la délivrance.

MESSE BASSE

D'abord écrite avec son élève André Messager, en vacances en Normandie en 1881, chantée localement sous le nom de "Messe des Pêcheurs de Villerville", elle fut reprise par Fauré, supprimant les parties composées par Messager et écrivant un Kyrie de sa main en 1906.

Elle est écrite pour voix de femmes seulement. Si l'on retrouve cette atmosphère lumineuse et éthérée de sa musique religieuse, elle est encore plus mise en valeur par le choeur à l'unisson, ou l'alternance solo-choeur dans des couleurs différentes.

BIOGRAPHIE

Pour éviter une liste fastidieuse de dates, voici quelques éléments marquants de la vie de Gabriel Fauré.

Né en Mai 1845 à Pamiers, (Ariège), il est le sixième d’une fratrie dont le père est alors instituteur. Lorsque la famille s’installe près de Foix, le jeune Gabriel s’initie à l’harmonium de la chapelle, avec une aimable vieille dame.

De 1854, (9 ans), à 1865,(20 ans), il est interne à l’école Niedermeyer à Paris, pour des études à la fois générales et musicales : orgue, harmonie, contrepoint, piano, et composition, avec Saint-Saëns comme professeur pour cette dernière matière.

A sa sortie, il compose le Cantique de Jean Racine et son premier recueil de Mélodies ; il est alors nommé organiste à St Sauveur de Rennes, puis revient à Paris en 1870 aux orgues de ND de Clignancourt.

Après la guerre franco-prussienne pendant laquelle il s’était engagé, il rejoint Saint-Saëns, Massenet et Franck pour la création de la Société Nationale de Musique, sous la devise « Ars Gallia » et fréquente quelques salons parisiens. Par ailleurs, il remplace souvent Saint-Saëns aux orgues de La Madeleine.

Entre 1877 et 1880, il voyage en Allemagne, rencontre Liszt et Wagner, qu’il admire. C’est l’époque de la composition de la Berceuse, et de l’Élégie op.24. C’est en 1881, qu’en vacances en Normandie, il compose avec Massenet la Messe des Pêcheurs, dont il fera ensuite sa Messe Basse.

En 1883, il épouse Marie Frémet, dont il aura deux fils.

C’est en 1888 qu’il présente sa première version du Requiem, et deux musiques de scène, Caligula, et Shylock. Après un voyage à Venise, il compose « la Bonne Chanson » sur les textes de Verlaine, puis, par la suite est nommé Inspecteur de l’enseignement musical. Dans les années 1890 et jusqu’à la fin du siècle, il se partage entre le Grand Orgue de La Madeleine et l’enseignement de la composition au Conservatoire où il a pour élèves Enesco, Ravel, Nadia Boulanger, sans compter son travail de compositeur.

C’est en 1893 qu’est joué son Requiem dans sa version définitive, et en 1898 la musique de scène de son Pelléas, dont on connaît bien le thème de la Sicilienne.

En 1900, il crée Prométhée à Béziers, (peu avant la création en 1902 du Pelléas de Debussy), et il rencontre à cette occasion Marguerite Hasselmans qui sera sa compagne jusqu’à la fin.

En 1905, il est appelé à la direction du Conservatoire, où sa rigueur le fait surnommer « Robespierre ». C’est à cette époque qu’apparaissent les premiers signes d’une surdité bien difficile à accepter.

Dans tout ce début de 20ème siècle, Fauré compose ses cycles de Mélodies, son opéra Pénélope en 1913, la comédie musicale « Masques et Bergamasques » en 1919, et surtout beaucoup de musique de chambre, dont il enregistre quelques œuvres sur rouleaux.

En 1920, aux obsèques de son ami Saint-Saëns à la Madeleine, on joue son « In Paradisum » du Requiem.

C’est en Novembre 1924, à 74 ans, terminant son Quatuor à cordes, qu’il s’éteint à Paris, d’une troisième rechute de bronchopneumonie, deux ans après Proust, et la même année que Puccini.

par Nicole Ribreau Bertrand
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Traduction du Requiem de Gabriel Fauré45 Ko