Programme 2013-2014: Charles GOUNOD

PROGRAMME 2013-2014: CHARLES GOUNOD (1818-1893)

Charles Gounod «Quand, de par la marche fatale du temps, dans un lointain avenir, les opéras de Gounod seront entrés pour toujours dans le sanctuaire poudreux des bibliothèques, connus des seuls érudits, la Messe de Sainte Cécile, Rédemption, Mors et Vita resteront sur la brèche, pour apprendre aux générations futures quel grand musicien illustrait la France au XIXème siècle.»

Cet éloge funèbre, prononcé par Camille Saint-Saëns, illustre l'importance de Charles Gounod dans la musique religieuse du XIXème siècle. Sa production religieuse, abondante, tient un rôle prépondérant dans toute la musique de son époque.

Son originalité et sa variété peuvent être attribuées à une profonde foi religieuse, servie par un grand musicien, excellent mélodiste et harmoniste subtil, dont l'écriture chorale a su traduire, selon Henri Dutilleux, « cette pureté infinie, cette tendresse indéfinissable et ces accents d'une si grande vérité pour exprimer l'amour divin et l'amour humain ».

La messe solennelle de Sainte Cécile a été composée par Charles Gounod en 1855, pendant un séjour près d'Avranches, en Normandie. Dans une lettre, il parle de l'écriture de cette œuvre: « Il n'y a qu'une difficulté, c'est de répondre par la musique aux exigences de cet incomparable et inépuisable sujet: la messe ! ».

Il semble avoir surmonté cette difficulté si l'on en croit Camille Saint-Saëns qui écrit, après la première représentation parisienne de la messe le 22 novembre 1855, jour de la Sainte Cécile, à l'église Saint-Eustache: « L'apparition de la Messe Sainte Cécile causa une sorte de stupeur. Cette simplicité, cette grandeur, cette lumière sereine qui se levait sur le monde musical comme une aurore, gênaient bien des gens. C'était par torrents que les rayons lumineux jaillissaient de cette Messe. »

Elle allie en effet les traits majeurs de l'œuvre de Gounod: l'expression simple et dépouillée d'une foi profonde dans certaines pièces (Kyrie), l'unisson qui rappelle la communion de l'assemblée des fidèles (Credo), et enfin l'expression musicale et théâtrale – mélodique, chromatique et harmonique – (Crucifixus, Miserere, Et expecto) qui souligne l'aspect dramatique de la messe.

par P. D'Aries