Programme 2014-2015: Franz SCHUBERT & John RUTTER

PROGRAMME 2014-2015: FRANZ SCHUBERT & JOHN RUTTER

FRANZ SCHUBERT (1797-1828)

Franz Schubert Franz Schubert naquit le 31 janvier 1797 à Vienne, douzième enfant d’un père instituteur et d’une mère qui avait été un temps cuisinière avant son mariage, ce qui situait la famille dans la petite bourgeoisie peu argentée. Initié dès le plus jeune âge à la musique par son père, il entra à onze ans par concours comme chanteur à la chapelle impériale, et en même temps au collège municipal où l’on instruisait les petits chanteurs à la musique tout en les préparant pour l’Université. Dans l’orchestre du collège, Schubert tenait le premier violon et montait de temps en temps au pupitre du chef.

Lorsqu’il quitta le collège après cinq ans d’études, il avait déjà composé de nombreuses œuvres qui attestent de la précocité de son génie. En 1814, il accepta un poste d’instituteur auxiliaire dans l’école de son père mais se dégagea rapidement de cette contrainte qui pesait sur son travail personnel. Sans protecteur, Schubert chercha à vivre de son art dans une société où la bourgeoisie imposait de plus en plus ses goûts auxquels la musique de Schubert ne correspondait pas vraiment.

Vendant donc peu sa musique, et à petits prix, Schubert mena une vie de bohème au jour le jour, restant célibataire après un grave échec sentimental, et passant beaucoup de temps dans les auberges et brasseries en compagnie de ses amis. Les « schubertiades » bien connues ne furent pas seulement des réunions musicales et amicales suivies parfois de bamboches, mais furent aussi des réunions culturelles auxquelles participaient des intellectuels comme Mayrhofer, poète dans le sillage de Schiller, ou Grillparzer, premier dramaturge autrichien de l’époque. Schubert fut donc le centre d’un des cénacles intellectuels et artistiques les plus animés et les plus brillants de Vienne.

Tous ces amis, dont la fidélité ne se démentit jamais, étaient convaincus du génie de leur cher Franz, si bien que leur affection adoucit les échecs du musicien tandis que leur aide lui évita la misère que risquait de lui coûter sa liberté. Durant toute sa vie, alors qu’il multipliait les chefs d’œuvre, Schubert fut en butte aux exigences tatillonnes et aux refus des éditeurs et ne réussit pas non plus à accéder à une fonction qui lui aurait permis une vie matérielle meilleure.

En 1823, Schubert connut les premières atteintes de la syphilis qui fut soignée en apparence mais qui l’affaiblit tant qu’il mourut à trente et un ans, en novembre 1828, d’une typhoïde auquel son organisme épuisé ne put résister.


MESSE N°2

Alors qu’il est en plein travail sur le dernier mouvement de sa deuxième symphonie, Schubert compose très rapidement, du 2 au 7 mars 1815, cette deuxième messe en sol majeur, sans doute pour honorer une commande paroissiale. Cette messe, écrite pour un petit ensemble de cordes auquel se joint l’orgue et pour trois solistes peut être qualifiée de « missa brevis » dont le charme réside dans l’écriture essentiellement vocale, la fraîcheur et la simplicité. Écrite à l’origine pour un petit ensemble de cordes et un orgue, respectant ainsi la réglementation de Joseph II imposant aux messes de semaine une certaine austérité instrumentale, la messe n° 2 peut aussi être qualifiée de « messe pour tous les jours ». Plus tard d’ailleurs Ferdinand Schubert étoffera l’orchestration de son frère en ajoutant des vents.

Le Kyrie, le Gloria et le Credo sont confiés au chœur pour l’essentiel, les solistes n’intervenant que fort peu dans ces trois premiers mouvements. Le Sanctus débute par un fortissimo du chœur entier, avec un Hosanna de style fugué. Le Benedictus marque une pause lumineuse au sein du Sanctus et comporte, après une phrase instrumentale bien mozartienne, un large développement canonique entre les solistes. Le retour ensuite à l’allegro fugué de l’Hosanna pour conclure le Sanctus fait du Benedictus l’épisode central et capital de cette partie. Enfin, l’Agnus Dei prolonge dans une paisible douceur le climat du Benedictus et donne le premier rôle aux solistes, le chœur n’intervenant, presque mezzo voce, que pour les Miserere ponctuant la triple imploration des solistes.

L’impression donnée par cette messe est celle d’un climat très paisible d’où se dégage une grande intimité. Son charme essentiel réside dans l’acceptation tranquille du droit à exprimer de tels sentiments dans leur nudité première, dans le refus de tout enjolivement, de toute fioriture ou de toute virtuosité.

En 1846 l’œuvre a été éditée à Prague… sous le nom de Robert Führer, alors directeur musical de la Cathédrale Saint-Guy de Prague. Ferdinand Schubert confondit le plagiaire, lequel finit en prison pour escroquerie.

D’après le « Schubert » de Brigitte Massin

JOHN RUTTER (1945-)

John Rutter John Rutter naît à Londres le 24 Septembre 1945 et fait ses études à la Highgate School of London avant de les poursuivre en musique au Clare College de Cambridge où il écrit et dirige ses premières œuvres alors qu’il est encore étudiant. Il prend ensuite la direction du chœur puis la direction musicale du Clare College de 1975 à 1979, avant d’y renoncer pour se consacrer à la composition.

En 1981, il fonde son propre chœur « Cambridge Singers », spécialisé dans la musique chorale sacrée. Cet ensemble vocal a réalisé de nombreux enregistrements, en particulier des propres œuvres de Rutter.

L’œuvre de Rutter est marquée avant tout par ses compositions pour des chorales. Bien que se définissant comme non croyant, il compose principalement des pièces religieuses – Gloria en 1974, Requiem en 1985, Magnificat en 1990, Messe des enfants en 2003 – mais écrit également des œuvres profanes, dont un opéra pour enfants intitulé Bang !

Cumulant les honneurs, il partage sa vie entre la composition et la direction de chœurs ou d’orchestres en Angleterre et dans le monde entier. Compositeur reconnu dans son pays, il a été sollicité par la famille royale et certaines de ses œuvres ont été composées et jouées spécialement pour des cérémonies impliquant la famille royale d’Angleterre, par exemple lors du jubilée d’or de la Reine en 2002 à la Cathédrale Saint Paul de Londres et lors du mariage du Prince William en 2011 à Westminster Abbey.

D’après diverses sources

LE MAGNIFICAT

« Le passage de l’Évangile selon Saint Luc connu sous le nom de Magnificat est une effusion poétique de louange, de joie et de confiance envers le Seigneur que Luc attribue à la Vierge Marie au moment où elle apprend qu’elle va donner naissance au Christ. Il en existe de nombreuses mises en musique, bien que relativement peu de compositeurs aient élaboré le texte de façon aussi étendue que J.S.Bach. J’avais depuis toujours le désir de composer une version étendue du Magnificat, mais je ne savais comment l’aborder jusqu’au jour où j’ai trouvé mon point de départ en association avec le texte de la vierge Marie.

Dans les pays comme l’Espagne et le Mexique, les jours de la fête de la Vierge sont l’occasion joyeuse pour le peuple d’aller dans la rue et de célébrer Marie avec des chants, des danses et des processions. Ces images de célébration en plein air devaient se trouver là, je pense quelque part dans mon esprit, tandis que je composai, bien que je ne m’en sois rendu compte qu’après.

J’étais par contre bien conscient du fait que je suivais l’exemple de Bach en ajoutant au texte liturgique, d’abord le beau poème anglais ancien « Of a rose », ainsi que la prière « Sancta Maria », puis en interposant le Sanctus dans le troisième mouvement qui semble découler de la pensée qui le précède immédiatement « et sanctum nomen eius ».

La composition du Magnificat occupa plusieurs semaines très mouvementées du début de l’année 1990, et la première fut donnée au mois de mai de cette année-là, au Carnegie Hall de New York. »

Propos de John RUTTER, traduction : Claire de Burbure Craddock, Collegium Records