Programme 2017 / 2018: Karl Jenkins

PROGRAMME 2017-2018: KARL JENKINS

Karl Jenkins

KARL JENKINS (1944-)

Sir Karl William Pamp Jenkins est un musicien et un compositeur né au Pays de Galles en 1944.

Si son nom est peu connu des habitués des concerts de musique classique, certaines de ses œuvres, pour lesquelles il a obtenu de nombreuses récompenses, sont connues de tous car elles ont été conçues pour illustrer des films publicitaires ( Delta Air Lines, Axe, Nike, Clan Campbell etc ) auxquels il est difficile de se soustraire….à moins de vivre sur une île déserte.

La carrière de Jarl Jenkins est atypique, sa musique déjoue toute tentative de catégorisation, son style dépasse les frontières musicales et ses choix en matière de composition sont originaux, anticonformistes, voire insolites.

Initié à la musique par son père (qui est d’ailleurs le dédicataire du Requiem), Il a fait ensuite de solides études musicales à l’Université de Cardiff puis à la Royal Academy of Music à Londres. C’est comme musicien de jazz jouant du saxophone, du piano et du hautbois qu’il a commencé sa carrière, remportant avec son groupe jazz-rock Nucleus le premier prix au festival de jazz de Montreux en 1970, puis participant à de nombreux groupes de jazz connus, notamment le groupe de jazz progressif Canterbury Soft Machine qu’il rejoint en 1972 et avec lequel il a travaillé jusqu’au milieu des années 80.

Karl Jenkins est aujourd’hui un compositeur estimé et réputé dont certaines œuvres comme The Armed Mass, a Mass for Peace ont été jouées très souvent et lui ont valu de nombreux disques d’or et de platine ainsi que la reconnaissance de ses pairs (il est par exemple Docteur Honoris Causa de l’Université de Leicester), mais aussi les honneurs de son pays puisqu’il est depuis 2010 Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique.

LE REQUIEM

Le Requiem de ce compositeur se fonde sur le texte traditionnel en latin de la messe de Requiem, augmenté du Pie Jesu et du In Paradisum qui ont été ajoutés en leur temps par Fauré et Duruflé.

Ce qui fait la particularité de cette œuvre est que Le texte traditionnel est entremêlé de haïkus, c’est-à-dire de poèmes japonais de trois vers et 17 syllabes ( 5-7-5 ), dont les textes délicats ajoutent une note apaisante aux paroles liturgiques. Karl Jenkins unit ainsi l’Orient et l’Occident et son universalité passe par le rapprochement des cultures.

Laissons la parole à Karl Jenkins :

« Un Requiem est une messe pour les âmes des défunts. En général, j’ai utilisé les séquences usuelles en latin, mais suivant mon habitude de puiser dans d’autres cultures, j’ai également ajouté 5 poèmes funèbres japonais. Ces poèmes parlent habituellement de la nature, se fondent sur une idée unique et comportent 17 syllabes divisées (5-7-5) sur trois lignes. Ainsi qu’il ressort du texte, le cycle naturel de l’eau (les précipitations) est, pour les Japonais, synonyme de vie.

J’ai combiné les textes occidentaux et orientaux dans deux des mouvements haïku « Having Seen the Moon » et « Farewell », qui incorporent respectivement le Benedictus et l’Agnus Dei. Les deux sont entonnés par des voix d’hommes dans un style monastique, en contrepoint au texte japonais chanté par des voix de femmes.

L’instrumentation de ces haïkus comprend l’ancien instrument à vent japonais, le shakuhachi. À d’autres endroits, selon mon habitude, j’ai utilisé quelques tambours ethniques et même un rythme hip hop dans le Dies Irae.

L’œuvre est dédié à feu mon père qui fut musicien – et une inspiration »

Ces propos de Karl Jenkins illustrent à la perfection la spécificité de ses conceptions musicales qui transcendent les frontières, les genres, les règles, les usages…

E. J.